Pourquoi Germinaissances ?

» écrit par germinaissances le 18 mar 2011 dans la vie de Germinaissances | 82 commentaires

Pouvoir créer un jardin en ville avec des enfants, et avec des choses simples, faciles, ludiques et efficaces : c’est ce que j’attendais au départ pour Germinaissances. Au jardin Germinaissances propose donc des « motifs à graines », qui permettent de faire pousser des plantes facilement.

Les graines sont enrobées dans un mélange à base de terre nourricière et d’autres matières naturelles saines

  • les oiseaux ne les picorent pas,
  • les insectes gourmands passent leur chemin,
  • les plantes commencent à grandir sans apport nutritionnel supplémentaire, et évidemment sans engrais chimique de synthèse.

Avec le temps, l’esprit vagabond et des créations sont venues faire évoluer tout ça. Après plusieurs mois de recherche et développement dans le domaine du végétal, le résultat est là : des coffrets d’initiation au jardinage, des produits de décoration à planter, à suspendre ou à enrouler, et des diffuseurs de parfums d’ambiance.
Germinaissances : ce sont des objets du quotidien, « indoor » et « outdoor » comme on dit, qui s’adressent aussi bien aux experts en jardins, qu’aux enfants accompagnés de leurs grand-parents, ou bien encore aux professeurs des écoles, et aux passionnés de décoration. Cela touche à la fois aux  arts de la table, au jardinage (en ville, à la campagne), et aux parfums d’intérieur. Des produits agro-écologiques et permacoles. Avec un objet on a 3 fonctions : décorer, parfumer, nourir. Germinaissances c’est de la déco à sentir en quelque sorte !

Et comme Laurence d’Aboneobio avait réalisé une petite interview, je vous propose de la retrouver ci-dessous. Merci encore à Laurence d’avoir laissé une bonne place pour s’exprimer :-)

 

Mike peux-tu nous parler de la fabrication chez Germinaissances ?

« La fabrication des objets de décoration et des balles de graines est un procédé exclusif et unique en Europe. Elle se réalise à base d’argile brut, de terreau, et de sables, ajoutés de graines et de semences enrobées par un procédé naturel et manuel. Les balles de graines, les Coeurs de graines, et tous les produits Germinaissances sont des productions artisanales, réalisées dans un atelier 100% écologique en Ile de France. Mon cahier des charges est simple : je vis dans une nouvelle civilisation, celle de l’après pétrole. Donc pas de matières plastiques ou de dérivés du pétrole, uniquement des matières naturelles pas ou faiblement transformées. A minima : label bio (AB). Pour le sourcing végétal, le mieux sont les marques Demeter, Nature & Progrès. »

 

l'atelier Germinaissances, pour la création et le moulage de motifs à graines
Une partie de l’atelier de travail Germinaissances

« Ma logique : 0 déchet. Tout est recyclable et recyclé. Soit le client s’en charge pour faire pousser ses plantes (paillis ou compost), soit il achète les produits bruts sans emballage. Il peut aussi me rapporter les emballages, qui sont mis au recyclage tout de suite et directement à l’atelier sous forme de compost ou de paillis. Sourcing local dans la mesure du possible : 80% de graines viennent de France, 10% d’Europe (les variétés qu’on ne trouve pas en France), 10% viennent d’Amérique du Nord et du reste du monde. Transport doux quand les expéditeurs connaissent les filières, évidemment. Idem pour les terres, les pailles, les sables et les terreaux, qui viennent soit du sud de l’Ile de France, soit du sud de la France (Provence ou Languedoc-Roussillon). Les particules de calage sont 100% biodégradables et font partie du processus de plantation, comme l’emballage. Pour les emballages de série, l’impression est Imprim’vert sur papier FSC blanchi sans chlore. Du très grand classique donc.»

Compensation et anticipation carbone/eau/biodiversité pour tout ce qui doit l’être : surtout le transport, et aussi toutes les énergies grises moins connues. Comptabilité financière et environnementale évidemment, pour avoir un suivi clair de l’activité. Adhésion à 1% pour la planète dès que mon 3e mois d’activité sera clôturé. Un premier reversement « 2% pour l’humain », et un second reversement « 3% pour le vivant » à la fin de chaque exercice comptable sera aussi réalisé, à des ONG ou associations qui sont dans la même logique cohérente globale. Et pour finir, après la phase de petites séries, la production des objets et des coffrets sera réalisé par un ESAT (ex CAT) qui a une spécialité horticole à quelques kilomètres de chez moi Germinaissances - moulages à base de graines et d'argile

Et si on parlait de la recette ?

« J’utilise ce que j’ai avec moi au quotidien : de la terre, des plantes, des matières saines et nobles, une observation aigüe du monde vivant, et la simple intuition qu’une terre vivante est l’élément indispensable au changement sociétal à opérer.

  • De l’argile : une terre « inerte », organique, chaude et solide,
  • Du terreau : un compost vivant, sain et énergétique,
  • De l’eau : un liant souple et nourrissant,
  • Des graines : des vies en devenir chargées d’énergie
  • Des minéraux qui apportent la brillance et l’effet « grain de sable »
  • De l’air : facteur de durabilité et de solidité
  • Du temps : source de création de liens entre les éléments
  • Associez les ingrédients dans un savant mélange, et vous obtenez ces objets, entre les biscuits sablés à croquer et les objets de décoration ! »

(photo) Mike Metz, fondateur de Germinaissances

Peux tu nous raconter ton parcours, ce qui t’a poussé à lancer Germinaissances ?

« Quand j’étais étudiant, j’ai rencontré des personnes concernées par les populations premières, comme les Aborigènes d’Australie ou les natifs d’Amérique. Et j’ai appris une partie de leur culture, de leurs usages, et de leur musique. En me remémorant ce que j’avais appris et observé quand j’étais gamin, j’ai aussi compris le sens de ce que mon grand-père me disait sur les cultures agricoles, sur l’environnement, sur la valeur réelle de la Terre. Jusque là, enfant et adolescent, j’avais vécu au calme, à l’écart des grosses villes, avec une alimentation saine issue d’un lopin de terre qui servait de potager familial. Puis, au moment des réflexions des ONG préfigurant ce qui allait devenir le Grenelle de l’Environnement, bien avant les élections présidentielles, est né mon premier fils. Et la maladie de ma femme est arrivée, sournoise, insidieuse, douloureuse. Tous ces enchaînements ont été déclencheurs pour changer et passer à l’action : à titre personnel et professionnel, je devais fondre mon rôle de militant dans le moule d’un éco-entrepreneur. Une majeure partie des citoyens français est dans une logique marchande : j’allais donc naturellement vendre des éco-produits porteurs de sens, d’un message et d’une vision de société plus vivante ! »

« Mon souhait n’était pas de s’ancrer dans la prospective et la réflexion mais bien de vivre le vrai, le pratique, le pragmatique. De montrer qu’il est possible de concevoir et réaliser -avec un cahier des charges très exigeant- des éco-produits locaux, sains, modernes et esthétiques, à des prix accessibles, qui puissent favoriser une plus large biodiversité végétale. De proposer de faire entrer la Nature dans des styles de vie urbains, déracinés et sans terre. Comme le dit Pierre Rabhi « cultiver son jardin est un acte politique ». Et si le jardin devenait aussi un lieu urbain pérenne ? Le modèle agro-écologique que Pierre Rabhi propose et vit depuis des dizaines d’années me semble être un chemin intéressant et inspirant pour nos concitoyens. J’oeuvre donc à mon humble niveau à traduire avec mes mains les actes de Pierre Rabhi en autant d’éco-produits qui favorisent tout en douceur et en légèreté une agro-écologie urbaine. Contempler et respecter le vivant, arriver à la « sobriété heureuse » en apprenant la patience que nécessite la croissance des plantes. Vaste projet ! »

Cela fait longtemps que cette idée d’entreprendre autrement a germée en toi ?

J’ai eu beaucoup de difficultés à trouver un ou des partenaires qui soient sur la même logique de vie globale et locale, suffisamment engagés et militants, pour être dans une vision du projet au-delà des simples aspects financiers, qui sont certes incontournables mais aussi largement partiels. Je dirai même que ce qu’on a appelé « développement durable », avec ses 3 piliers, est aussi une vision partielle, qui sous-estime notamment les rôles de la biodiversité et du spirituel -au-delà de toute forme de religion entendons-nous :-) Finalement, après quelques expériences de recherches de partenaires, j’ai décidé d’avancer seul dans l’éco-entrepreneuriat, et en même temps très bien accompagné et conseillé avec un suivi efficace au sein de la grande coopérative parisienne Coopaname. Sur un autre plan, les filières en France et en Europe sont très segmentées, ce qui provoque parfois de vrais questionnement quant à la véracité de certains labels. Je pense notamment à l’univers du bois, du papier, et de la chimie dite « verte ». Peut-on faire confiance aux labels ou aux marques-labels qui sont à la fois juges et parties ? Les cahiers des charges des marques-labels sont trop flous pour garantir un niveau de qualité suffisant pour la vivant. C’est bien plus qu’un débat, et à ce jour cela sort largement de mes humbles capacités à trouver des réponses saines et viables. Cela m’a aussi confirmé dans mon choix de travailler directement avec la terre et le vivant, pour participer à la construction d’une agro-écologie urbaine.

En tant qu’entrepreneur tu fais aussi partie d’une coopérative ?

« Effectivement, je suis au sein d’une coopérative d’activités et d’emploi qui s’appelle Coopaname. On y est très bien accueilli, accompagné et soutenu. Le fait est que la coopérative permet de rencontrer d’autres porteurs de projets et d’autres entrepreneurs, de s’insérer dans des réseaux, et de participer activement à des collectifs d’entrepreneurs. La dimension sociale et sociétale y est très développée, ce qui permet d’avoir des retours rapides sur le projet et son potentiel. La coopérative permet aussi d’avoir le temps de développer son projet, sans être l’archétype de l’entrepreneur solitaire, et ça c’est un vrai plus ! »

Tu peux nous en dire plus sur le profil de tes clients ?

Des familles désireuses de voir le monde s’enrichir de vie, des grand-parents qui veulent partager des moments simples avec leurs petits-enfants et transmettre leurs connaissances, des parents qui voient la vie en vert plutôt qu’en noir, aux générations futures, des jardiniers qui veulent se simplifier la vie, des amateurs de décoration et d’éco-design, des enseignants et éducateurs qui cherchent des réponses simples pour intégrer des cas concrets de végétalisation à leur classe en accord avec les programmes officiels, des écolos convaincus, et aussi des écolos en devenir…

Et tes projets demain ?

Par exemple, proposer plus de produits pour les séniors, avec un accompagnement au petit jardinage dans les lieux de repos et dans les maisons de retraite. Et puis également développer les potagers en ville (toits, terrasses, cours, et en espaces verticaux!) et en milieu scolaire, avec des potagers ludo-pédagogiques.

Encore Mille mercis à Laurence chez Aboneobio. C’est une personne très généreuse et son offre d’abonnement aux produits cosmétiques bio et aux produits d’entretien écologiques est unique et tellement simple. Si vous n’avez pas le temps d’aller dans un magasin bio pour votre maison, abonnez-vous chez Aboneobio, vous ne serez pas déçus !

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